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6 Nations. Avec ce match sensationnel, la France a-t-elle blessé gravement le rugby anglais ?

Alors que l’Angleterre croyait encore au titre, une vague bleue l’a submergé et a réveillé ses démons.

Erwan Harzic 12/03/2023 à 11h40
Alors que l’Angleterre croyait encore au titre, une vague bleue l’a submergé et a réveillé ses démons.
Alors que l’Angleterre croyait encore au titre, une vague bleue l’a submergé et a réveillé ses démons.

Ce fut parmi les premières pensées de Fabien Galthié au micro de France Télévision. Ce samedi 11 mars, du côté de Londres, le sélectionneur français envoyait un message au rugby anglais après l’impressionnante victoire des siens. Il voulait “rendre hommage à cette équipe d’Angleterre”. L’ancien Columérin se rappelle dans quel état se trouvait le rugby français de 2012 à 2019 ou encore de la blessure qu’avait été le quart de finale face aux All Blacks à la Coupe du monde 2015. En mémoire de ces souvenirs, il affirme : “C’est dur pour eux, surtout quand on connaît la place du rugby anglais dans ce pays, dans ce lieu (Twickenham). J’ai aussi une pensée pour cette équipe d’Angleterre qui va vivre un moment difficile.” D’autant plus, la douche pourrait se refroidir encore plus, l’Angleterre se déplace en Irlande pour la dernière journée de ce Tournoi 2023. Face à la meilleure équipe du monde, le XV de la Rose pourrait plonger dans la tourmente.

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Une sélection larguée sportivement

Avec le licenciement de son sélectionneur Eddie Jones à l’automne dernier, le rugby anglais se lançait un pari osé : tout reconstruire à quelques mois de la Coupe du monde. Avec l’arrivée de Steve Borthwick, le style anglais devait se réinventer. Moins violent, moins brutal et moins dans la provocation, l’Angleterre tente un pari similaire à celui qu’avait pu tenter l’Afrique du Sud avec Rassie Erasmus en 2019.

Mais quand on demande au nouveau sélectionneur s’ils pensent pouvoir revenir au niveau d’ici septembre, le constat fait après la défaite 10 à 53 est forcément plus contrasté. Voici ce qu’il confie selon des propos rapportés par Rugbyrama : “Nous allons essayer, en tout cas. Samedi, nous avons essayé d’atténuer la puissance française, mais nous avons échoué là-dessus. […] Pour être franc avec vous, je n’ai jamais eu aucune illusion par rapport au travail qu’il nous restait à accomplir pour être compétitifs lors de la prochaine Coupe du monde. Nous allons simplement redoubler d’efforts.

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Des clubs menacés et fortement endettés

D’autant plus, là où le rugby français avait pu profiter d’un championnat fort lors de sa disette en sélection, le constat est très différent actuellement en Angleterre. Épinglés il y a quelques années, les Saracens, écurie phare du rugby anglais, avaient dû descendre en deuxième division. Remonté dans l’élite cette saison, le début d’exercice 2022-2023 a cependant été remarqué par la disparition de deux écuries : les Wasps et les Worcester Warriors. Une disparition groupée qui a eu l’effet d’un tremblement de terre en Outre-Manche.

En début de saison, l’intégralité des clubs anglais étaient endettés d’une valeur allant d’au moins 15 à 51 millions d’euros, pour les clubs encore existants, selon le Daily Mail. Dans le pays de sa Majesté, on peut se demander si des écuries peuvent tenir à bout de bras une discipline à bout de souffle, comme avaient pu le faire le RC Toulon ou l’ASM Clermont dans les années 2010 en Top 14.

RUGBY. Une dette à NEUF chiffres pour les Wasps : La Premiership sombre financièrementRUGBY. Une dette à NEUF chiffres pour les Wasps : La Premiership sombre financièrementD’autant plus, le rugby anglais ne possède pas de division inférieure au niveau, comme la Pro D2 en France, qui permettrait de réduire les dépenses par l’intermédiaire d’une relégation. Pour la prochaine saison, la fédération anglaise a annoncé qu’ils tenteraient de redonner vie aux Wasps en les intégrant en Championship, deuxième division. Néanmoins, le club de Worcester, lui, ne devrait pas profiter des mêmes avantages. Les raisons évoquées, et relayées par Le Figaro en février, sont les suivantes : “Il est impératif qu'il ait un plan d'affaires durable et financé, qu'il y ait une transparence sur la propriété et les structures de financement, et que les créanciers du rugby soient payés.”

L’avis de Jonny Wilkinson sur la reconstruction de l’Angleterre

En parallèle, le média anglophone iTV a donné la parole à des personnalités importantes du rugby anglais. Parmi elles, on retrouve notamment Jonny Wilkinson qui explique que la désillusion face à la France est “très intéressante”. Selon l’ancien ouvreur champion du monde, “cette défaite avait besoin d’arriver” et il détaille sa pensée ainsi :

C'est vraiment intéressant parce que c'est ce qui doit arriver, il n'y a pas d'autre solution. Ce n'est pas un mauvais virage, ce n'est pas la fin du chemin, c'est le chemin. Le match de 1998 a été pour moi l'occasion de réaliser que l'histoire de la personne que je pensais être ne pouvait plus durer. J'ai été presque obligé de changer. Et dans ce changement, j'ai trouvé de toutes nouvelles possibilités.”

Ce “match de 1998” dont Jonny Wilkinson parle est la plus grosse défaite de l’histoire du XV de la Rose. En effet, à l’été 1998, la sélection entame “la tournée infernale”. Cette série de matchs se jouent consécutivement contre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud. Pour commencer les hostilités, Sir Wilko’ et les siens perdent sur le score de 76 à 0 sur l’île-continent. Un massacre qui a profondément marqué le joueur pour ses toutes premières sélections. Ainsi, l’ancien du RC Toulon imagine que l’Angleterre se relèvera de ses cendres pour mieux briller prochainement. Reste à voir si la prophétie se réalisera et combien de temps sera nécessaire pour cela…

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YannickD
YannickD
\- leur fédération semble perdre les pédales - les clubs ont fait n'importe quoi (saracens ? entre autre) - championnat qui va prendre une claque (en vrai si on regarde les dernières champions cup, ça fait un bail qu'on n'a pas vu une équipe anglaise faire des choses ...) Il y a pas mal à reconstruire chez eux, surtout que si nombre de leurs joueurs partent dans d'autres pays, il va bien falloir attirer d'autres joueurs ? mais lesquels si les finances ne suivent pas ? Si juste la jeune génération, il va falloir aller vite. Mais la formation de leur jeunesse semble aussi accuser un certain retard (à voir les U20 ... il y a de quoi avoir encore un peu plus peur). Bref, ça me fait un peur pour eux ...
ginobigoudi
ginobigoudi
Belle réponse de Galthié, en tout cas pour la presse. Il n'y a rien de pire dans le sport que de chercher et prendre plaisir à humilier un adversaire. La roue de la fortune tourne, comme disait mon fils à 5 ans...
Papatch
Papatch
Je pensais que les deux équipes étaient prêtes. Seule l'équipe de France l'était. Je craignais l'arbitrage, il a été bon. Je me suis trompé sur tout. L'Angleterre va se relever et va se remettre à bosser comme la France l'a fait après l’ère précédent Galthié. Je partage les vues de ceux qui pensent que le rugby a besoin de grandes équipes comme l'Angleterre, le Pays de Galles etc... Le rugby est un sport qui grandit lorsque les confrontations sont belles et c'est ce que j'aime.
jojo7
jojo7
Je ne me ferai pas trop de soucis pour les Anglais . Ils savent " rebondir " et je pense qu'ils en ont les moyens .
Yoooooooy
Yoooooooy
L'EDF les a peut-être sorti du déni. J'ai cru dénoter un gros manque de lucidité dans les médias britanniques - et pas seulement Anglais - dans leurs analyses d'avant match. À les lire, l'EDF retombait dans ses travers (l'inconstance : on ne sait jamais quelle équipe de France sera sur le terrain, sublime ou nulle) et l'Angleterre avançait sans sa reconstruction après un faux-pas contre l'Écosse. Aucune analyse sur la méforme des joueurs français ou sur l'état de forme des Écossais. Il suffirait de gagner à Paris puis Dublin, et le tour serait joué. Après c'est pas la première fois que l'Angleterre traverse le désert, tout le monde parle de la déroute de 1998 mais la coupe du monde de 2015 c'était pas mal non plus. 4 ans plus tard ils étaient finalistes.
stef7
stef7
Il faut leur laisser du temps et les laisser travailler.......
Pianto
Pianto
tout part de la formation des joueurs. Toujours. Si tu as un vivier de joueurs formés aux exigences du rugby moderne, tu peux te relever. dans le cas de petits pays, ça dépend de générations plus ou moins qualitatives. Pour des grands pays, la qualité intrinsèque des générations sont à peu près toujours constantes. C'est la qualité de la formation qui fait la différence. Les anglais ont toujours des résultats en -20 et la claque prise cette année ne doit pas éluder le fond du travail qu'ils font. De 2013 à 2018, l'équipe d'Angleterre était chaque année en finale des championnats du monde U20. Ces joueurs sont à maturité maintenant et cette équipe va se relever. Ensuite, il y a la post-formation après cet âge, dans le monde professionnel où il y a de gros besoins d'évolution encore. C'est peut-être là que le bât blesse. mais c'est plus facile de corriger des structures pros qui ont un soucis de performance à court terme qu'une formation sur une assiette plus large et pour des bénéfices à long terme. Rien à voir avec ce qui nous est arrivé entre 2012 et 2017 où nous n'avions pas les joueurs parce que notre formation avait baissé. (de 2005 à 2015, meilleur résultat trois 4ème place en championnat du monde U20 pour nous...) Nous avons corrigé le tir, les irlandais ont corrigé le tir avant nous (ils étaient à la rue avant la génération O'Driscoll (entre 85 et 99, ils n'ont jamais été classé ailleurs que dans les deux dernières places du tournoi... l'Italie de l'époque...) Les anglais vont se relever et ça peut aller vite, en deux trois saisons, ils peuvent revenir sur le devant de la scène.
Sedulos
Sedulos
J'aime bien trop le Rugby pour me réjouir de la faiblesse d'un adversaire. Espérons vivement que les Anglais se relèvent de cette déroute.
virilmaiscorrect
virilmaiscorrect
La roue tourne, il n'y a pas longtemps c'était nous qui prenions la grêle et pas qu'une fois !! Le plus handicapant pour eux est la structure de leurs championnats, qui ne permet pas aux clubs de se reconstruire quand ils descendent. La PROD2 n'est pas le top, mais c'est un championnat dur qui permet aussi de faire sortir certains joueurs que l'on peut ensuite retrouver dans les équipes de TOP14. Ensuite il y a le jeu anglais qui est fait de rentre dedans et ils n'ont que peu de joueurs avec une réelle qualité rugbystique. Cela peut prendre du temps pour qu'ils reviennent.
pascalbulroland
pascalbulroland
Je me rappelle cette déculottée en Australie 76-0 ! 5 ans plus tard, il était champion du Monde...Comme quoi, on s'en remet
dusqual
dusqual
je suis assez d'accord avec wilko, il fallait que ça arrive. ça fait trop longtemps que le rugby anglais est défaillant. et je parle pas que depuis 2019. la dernière cdm a permis de faire illusion mais ils avaient eu de la chance en poule avec un rouge pour les argentins au bout de 20 minutes et le match contre la france annulé. puis ils étaient tombés sur l'australie qui était loin d'être dans une grande forme. perdant quasi tous quasi tous ses matches contre les nations européennes ou du four nation. depuis deux trois ans... y a que le match contre les all blacks où ils ont su créer l'exploit, tout le reste ça a roulé tout seul pour eux. bref depuis que jones a repris les rènes, il a appauvri le rugby anglais et en même temps, la rétrogradation des sarries couplée au problèmes financiers des écuries anglaises ont frappé coup sur coup le rugby de club. il va falloir restructurer tout ça pour permettre au rugby anglais de créer sur la durée. et ils sont pas au bout de leur peine car leur championnat va en pâtir dans les prochaines années et devra lui aussi trouver sa nouvelle formule pour exister au niveau européen.
Amis à Laporte
Amis à Laporte
Il faut espérer que les Anglais mettent de réelles solutions de suite, pas comme celles en carton que les Français avaient mis en place au lendemain de la désillusion de 2015...
Yonolan
Yonolan
Non C'est clair que l'Angleterre souffre dans son rugby Le déroulé de ce match est juste la conséquence de l'état de son rugby Donc juste une confirmation La fessée historique rajoute juste un forme d'humiliation à cet état de fait Et si la défaite blesse quelque chose c'est juste les egos face à la déroute devant l'ennemi héréditaire
duodumat
duodumat
C'est clair que le rugby anglais se relèvera. Quand, comment ? L'avenir le dira. Il serait dommage que nous perdions nos meilleurs ennemis. Il faut aussi prendre conscience de ce qui leur arrive pour éviter que la même chose se produise chez nous. Pour l'instant le rugby français est en état de grâce. Profitons.
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