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''Au niveau international, c’est difficile de performer'', 16 points d’écart dans le top 4, l’Élite 1 cherche sa formule

Morgane Bourgeois, arrière du Stade Bordelais et du XV de France, alerte sur les écarts trop importants en Élite 1, qui nuisent aux résultats internationaux.

Nathan Heuillet 26/12/2025 à 15h00
Morgane Bourgeois évoque l'écart entre toutes les équipes d’Élite 1. ©France Rugby
Morgane Bourgeois évoque l'écart entre toutes les équipes d’Élite 1. ©France Rugby

Élue récemment meilleure joueuse d’Élite 1 par ses pairs, Morgane Bourgeois continue de faire la pluie et le beau temps avec son équipe du Stade Bordelais, actuellement troisième du championnat derrière Clermont et Toulouse.

Huit points séparent cette formation girondine du duo de tête, à égalité avec 33 points. Si la lutte est serrée en haut du classement, l’écart reste, pour l’heure, très important entre les dix équipe d'Élite 1. Preuve en est, le Stade Villenevois de Lille ne compte que 4 points après sept journées de championnat.

Une situation qui affecte, selon Morgane Bourgeois, les bons résultats de la sélection nationale, comme elle l’a expliqué au micro de Sud Radio dans l’émission « Au cœur de la mêlée ».

VIDÉO. RUGBY FÉMININ. Blagnac maudit, le Stade Bordelais est champion de France !VIDÉO. RUGBY FÉMININ. Blagnac maudit, le Stade Bordelais est champion de France !"C'est difficile d'attirer énormement de monde, parce qu'il y a moins de suspense"

Et pour cause, la totalité des femmes qui composent le XV de France jouent dans ce championnat d’Élite 1. Comme Morgane Bourgeois, la plupart évoluent avec les grosses cylindrées de cette division.

Parmi les 32 joueuses qui ont participé au dernier Mondial, 21 étaient issues des quatre meilleures équipes du championnat français. Pour rappel, très peu de joueuses d’Élite 1 bénéficient du statut de joueuse professionnelle. Dans certains cas, même celles qui évoluent régulièrement avec le XV de France doivent travailler en parallèle du rugby.

Un biais important qui pénalise très certainement les résultats de l’équipe nationale, confrontée aux Anglaises, bien trop en avance sur le modèle hexagonal et qui bénéficient, pour la grande majorité, du statut de joueuse de rugby professionnelle.

« C’est difficile aussi d’attirer énormément de monde, parce qu’il y a moins de suspense sur les matchs du week-end. On a essayé plusieurs formules, avant, c’était un top 16 qui a été réduit à un top 8. Et sincèrement, je ne sais pas ce qui est le mieux… En tout cas, peu à peu, les équipes progressent, alors oui, il y a toujours énormément d’écarts entre la première équipe et la dernière, mais cet écart, mine de rien, il se réduit d’année en année ».

« En fait, nous en France, il y a une trentaine de joueuses qui sont professionnelles, sous contrats fédéraux. Donc c’est la fédération qui les paie, et malheureusement, ce ne sont que 30 filles sur 300 qui jouent à haut niveau. Donc ces 270 autres filles, elles vont travailler toute la journée et elles ont beaucoup moins de temps pour s’entraîner, donc pour progresser et pour performer le week-end. Et le modèle du championnat anglais, il est très bien fait pour ça, parce que les filles sont complètement professionnelles dans les clubs ».

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Deux week-ends de doublons en Élite 1 et des trêves immenses

Cette année si particulière nécessite forcément quelques modifications du calendrier de l’Élite 1. Les joueuses du plus haut niveau français doivent ainsi composer avec deux compétitions internationales : d’abord la Coupe du Monde, puis bientôt le Tournoi des 6 Nations.

En parallèle, certaines participeront à l’In Extenso Super Sevens en février. Un calendrier chargé, d’autant que la phase finale débutera le week-end du 20 juin entre les quatre meilleures écuries.

Pour autant, de nombreux week-ends de repos sont prévus dans la programmation. Par exemple, les joueuses d’Élite 1 ne reprendront la compétition que le dernier week-end de janvier, plus d’un mois après la septième journée.

Côté Manche, c’est la même chose : cette période d’un mois est également vierge, mais la suite de la compétition sera clairement plus dense. Du côté britannique, on jouera ainsi chaque week-end jusqu’au 28 mars.

La compétition reprendra ensuite le 30 mai, soit juste après le Tournoi des 6 Nations, offrant ainsi la possibilité aux internationales anglaises de ne rater aucun match avec leur club. Les Françaises, quant à elles, joueront deux week-ends sans les internationales.

Le calendrier d’Élite 1 est à retrouver ici.

Le calendrier de la Premiership Women’s Rugby est à retrouver ici.

Pepouze
Pepouze
Pas l'impression que le problème se situe là. On a des filles en équipe de France professionnelles depuis 8 ans. (Et pas au SMIC hein !) Qui ne progressent pas ! Concrètement elles s'entrainement a peine plus que les filles de club en Elite 1 qui elles bossent ou font des études à côté. Ce modèle ne fonctionne pas et ce n'est pas la faute des clubs. Accessoirement il faut arreter de parler professionnalisme en club, ca n'a pas de sens et pas de réalité économique. Les clubs pro masculins ont déjà du mal à trouver leur équilibre, l'économie du sport est très fragile. Le rugby c'est une squad de 30 personnes minimum à professionnaliser (sans parler des staffs), c'est inenvisageable, jamais. Ca n'est pas du basket avec 10 joueuses pros. Ce qui pourra être à terme la cible c'est des contrats semi-pro permettant aux joueuses de n'avoir qu'un travail à temps partiel ou de pouvoir avoir un EDT adapté pur les études... Mais financièrement ca n'arrive pas de suite (sans compter que ce type de contrat n'existe pas actuellement en convention collective). Il faut arrêter de faire croire aux jeunes filles que dans 10 ans elles seront pro de rugby en club, ca n'arrivera pas sauf pour une petite poignée. Les clubs bossent globalement bien, et ca n'est pas proportionnel aux budgets, les clubs n'étant pas associés à une structure type Top 14 sortent bon nombre d'excellentes joueuses et internationales également. Par contre certains clubs utilisent leurs gros moyens pour "acheter" les meilleures joueuses, les internationales (le ST, Bordeaux, ASM cette année...) ce qui contribue à creuser l'écart. Sans compter l'arrivée en masse d'étrangères (pas merci Bordeaux pour ca !). On a déjà la moitié de l'équipe du Canada qui joue en France, on a vu le résultat à la dernière CDM. Cette année plus de 20 Italiennes jouent en Elite 1, pas impossible qu'on s'en morde les doigts dans un ou deux 6 nations. On fait progresser les autres pays plutot que l'EDF... Y'a de la régulation à prévoir mais les clubs voient le court terme (etre champion dans 1 an) plutot que l'intérêt global de l'edf et le long terme via l'intéret de ce championnat... Sans parler des instance qui avancent trèèèèèès lentement sur le sujet et avec peu de concertation avec les acteurs de terrains...
Jak3192
Jak3192
Les doublons ? Une spécialité française, même avec un championnat de, si j'ai bien compris, 8 équipes..,.(?) 🤔 Sérieux, ya pas un côté farce ?😄 Et ya pas de Coupe Europe ! 🤣 Alors, le top 12 chez les poilus, pour éviter les doublons, c'est pas pour demain 😅
gjc
gjc
Le problème est bien résumé. Tant que le vivier sera principalement composé de joueuses amateur ou semi-pro, on ne pourra pas monter une ligue concurrentielle. Ca handicape l'équipe nationale face aux Anglaises et aux Néo-Zélandaises. De là deux solutions, soit les meilleurs joueuses vont jouer en Angleterre, soit on investit dans le championnat Elite 1. Aux Etats-Unis on a vu l'équipe nationale féminine jouer juste avant les hommes, sur le même terrain. Je me demande si ça a déjà été fait pour certains matches d'Elite 1/Top14, sinon ce serait à expérimenter. Ca pourrait faire un super après-midi de rugby...