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TOP 14. EDITO. Romain Ntamack, ou quand le génie l'emporte sur l'enjeu

Véritable héros de cette finale de Top 14, Romain Ntamack a su faire parler son génie, après une rencontre assez compliquée d'un point de vue personnel.

Alexis Brochot 19/06/2023 à 08h30
Romain Ntamack est décidément un joueur à part. Crédit image : Screenshot Youtube Canal +
Romain Ntamack est décidément un joueur à part. Crédit image : Screenshot Youtube Canal +

VIDÉO. Ni un rêve, ni un cauchemar, Ntamack réalise l’exploit de l’année pour endormir les Rochelais !VIDÉO. Ni un rêve, ni un cauchemar, Ntamack réalise l’exploit de l’année pour endormir les Rochelais !L'on voulait une finale d'anthologie, nous avons été servis. Samedi, dans un stade de France partagé entre le jaune, le rouge et le noir, Romain Ntamack et les siens ont balayé avec une efficacité diabolique les espoirs de Brennus de La Rochelle. Un court succès 29 à 26, injuste pour certains, déjà historique pour d'autres, tant pour l'intensité délivrée par les deux équipes que pour cette course folle de l'ouvreur du XV de France, à quelques secondes du coup de sifflet final. Un éclair de génie, tant mental que rugbystique, de celui qui avait déjà été désigné comme le coupable idéal en cas de défaite du Stade Toulousain. Auteur d'un match moyen dans l'ensemble, le fils d'Émile avait néanmoins eu le cran de tenter plusieurs relances en première période, là où la grande majorité des autres protagonistes se contentaient de rester sobre, soit par du jeu au pied, soit par des charges toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Des prises de risque qui, jusqu'à la 78ème minute, ne lui avaient pas tellement souri. Mais voilà, et alors que la plupart des spectateurs et supporters voyaient déjà les Bagnards en haut de la tribune pour fêter leur premier titre en Top 14, le génie de Ntamack prit le dessus sur un scénario déjà écrit. Ce même génie qui avait totalement changé la physionomie du match face aux All Blacks en novembre 2021, avec cette relance de l'en-but mythique. Un supplément d'âme, marque des grands champions, qui lui a permis de traverser comme personne la pelouse de Saint-Denis, raffutant à la fois Leyds mais aussi tous ses détracteurs, déjà prêts à se réjouir de sa finale ratée.

FINALE TOP 14. La presse française et mondiale glorifie la ''déflagration'' toulousaine Ntamack et pleure l’échec de La RochelleFINALE TOP 14. La presse française et mondiale glorifie la ''déflagration'' toulousaine Ntamack et pleure l’échec de La RochelleSamedi, Romain Ntamack nous a une nouvelle fois prouvé que le rugby ne s'apprend pas, il se vit. Un sport unique, aussi beau que cruel, et dans lequel le Toulousain baigne depuis qu'il sait aligner deux phrases. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si l'on a l'impression que Ntamack ne ressent aucune pression, même dans les moments les plus décisifs. Comme s'il était programmé pour marquer de son empreinte rouge et noir notre sport, et ce peu importe l'adversité en face de lui. Car ne nous y trompons pas, si cette finale restera gravée à jamais comme l'une des plus belles du Top 14, c'est aussi grâce à la prestation presque parfaite du double champion d'Europe en titre, qui n'a cessé de mettre sur le reculoir le pack toulousain. Une démonstration de puissance qui aurait dû suffire aux Rochelais pour soulever ce fameux bout de bois tant convoité. C'était sans compter sur le mental de champion de Romain Ntamack, ainsi que celui de l'ensemble de ses coéquipiers, qui lui ont permis de sortir la tête de l'eau après ses erreurs en fin de rencontre. Une force de caractère qui lui dicta de prendre ce fameux intervalle entre Sclavi et Leyds, alors que le commun des mortels aurait assuré le coup en jouant le 5 contre 2, et ne pas être coupable d'un énième mauvais choix. Mais voilà, Ntamack est décidément un joueur à part, qui, malgré ses 24 printemps, a déjà marqué l'histoire du plus grand club d'Hexagone, et peut-être du continent. En espérant désormais que celui-ci continue sur sa lancée, au moins jusqu'au mois d'octobre, pour rentrer cette fois-ci définitivement dans l'histoire de son pays. C'est en tout cas tout le mal qu'on lui souhaite.

Ntamack le sauveur, l'immense déception du Stade Rochelais, la finale du Top 14 vue par Twitter !Ntamack le sauveur, l'immense déception du Stade Rochelais, la finale du Top 14 vue par Twitter !

Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF
Une fois l'écart fait sur Seuteni il utilise bien les joueurs qui se trouvent à l'extérieur pour justement prendre l'intérieur, avec un pilier qui est court sur le soutien défensif. Donc dans cette situation rien n'indique ce qu'il aurait fallu faire. Comme il l'indique dans son ITW, il la joue à l'instinct sans réfléchir. De plus la prise de vue écrase les espaces et je pense qu'on ne se rend pas compte vraiment de la situation que peut sentir NTK en voyant la situation devant lui. Il me semble que c'est aussi des choses qui se travaillent. Au sujet de son match, je trouve qu'il a été irrégulier. Bon parfois et commettant aussi des fautes de cadets surtout dans le dernier 1/4 d'heure. Bon en défense aussi. Ce qui est souvent moins évoqué.
ginobigoudi
ginobigoudi
"Un match moyen" ? Pas d'accord. Il a tenté, dans la mesure des espaces laissés par les Rochelais. Il a porté plusieurs fois. Il a muselé Danty et a globalement très bien défendu. Son jeu au pied a été bon. Il sauve un 50/22 avec satori. Il est sur tous les relais de la dernière action, distribue bien, prend un risque sur une passe tendue-vissée sur Akhi, qui fait gagner 10m. Une autre sur Barassi, encore 10m. À son passif 2 boulettes : contrôle pied-en avant et la fameuse touche. Qu'on peut aussi traduire en antichambre des divergences, je me noie-je remonte à l'air libre. Cette liberté qui le pousse dans ce tunnel qu'il est le seul à visualiser (peut-être avec Dulin) et au bout, la lumière. Fuoriclasse.
Jak3192
Jak3192
Moi ce qui m'épate chez NTK, c'est sa capacité à avancer comme une Formule 1 (et que personne ne peut le rattraper), alors que tu as l'impression qu'il fait son jogging. Il m'épate juste pour ça, l'aisance absolue dans la course (comme son papa d'ailleurs...)🤣
oscarbp
oscarbp
Romain, oui, mais que dire des 80 minutes des avants toulousains qui ont contenus les Rochellais sans jamais baisser les bras, en fait toutes la défense de Toulouse (revoyez dans cette optique le match de la charnière toulousaine)... On attendait les grandes envolées des lignes arrières, ça ne s'est pas souvent vu en finale du top14 (sauf contre Montferrand, deux essais superbes) On attendait de voir le stade passer à la moulinette du surpuissant pack jaune et noir... ils ont subit mais ils étaient toujours là à la 80ème. Ce Brennus, ils se le sont gagné !
stef7
stef7
@ oc N'Tamack a le ballon en main lors du KO.
stef7
stef7
La Rochelle a dominé devant certes mais sur les 4, 5 dernières minutes Toulouse a été capable de tenir le ballon sans le rendre.....Après on peut aussi voir une certaine récompense sur l'équipe qui a osé tenter... La Rochelle le fait deux fois en champion's club contre le Leinster, ne pas oser attaquer plus par peur du contre a malheureusement fini par leur porter la poisse. Toulouse n'est pas le Leinster, oser jouer le Stade sait le faire sur le terrain. La morale est peut être cruelle d'un point de vue mais l'essai de N'Tamack n'est pas volé.....
stef7
stef7
La règle précise que l’arrêt du jeu pour blessure reprend avec mêlée pour l'équipe ayant le ballon au moment de la blessure.
seblro
seblro
Beaucoup aura été dit, mais on retiendra seulement la victoire du ST qui n'a pas démérité et a su profiter d'une usure physique des rochelais pour planter l'essai de la gagne. J'aimerais quand même savoir pourquoi l'arbitre a donné la mêlée de reprise après le KO de Lespiauq au ST alors que le ballon avait été gratté et était en possession du SR avant le coup de sifflet. Si vous pouvez m'éclairer, merci !
MARCFANXV
MARCFANXV
Sinon, de la larme d'Isabelle on en cause ?
MARCFANXV
MARCFANXV
Je sais qu'il est aujourd'hui de bon ton d'encenser le vainqueur, d'en rajouter dans les superlatifs alors, d'aucuns y vont gaiement l'enthousiasme aidant sans l'once d'une retenue ... Parfois, les commentaires confinent plus encore au génie que la chose telle que décrite. Entre autre choses la formule : " Le Rugby ne s'apprend pas mais il se vit" me laisse pour le moins circonspect ? Si Romain Ntamack se fend de cette action qui se justifiait pleinement à l'instant T, on ne touche pas là au génie à proprement parler mais bien au contraire, c'est le fruit d'un long et j'imagine fastidieux travail d'apprentissage, de répétition. Parce qu'il ne faut pas croire, pour arriver à ce niveau de pratique qq don naturel ou héritage biologique ne suffisent pas !
Sedulos
Sedulos
Chapeau pour l'analyse et l'article ! Cet essai de Ntamack, est un essai collectif. Un essai d'équipe. Une action pensée, construite et organisée, faisant la part à l'improvisation et aux éventuels solistes. Une suite de passes et de piques qui ont épuisé et désorienté la lourde et primaire équipe vaubanesque. C'est une action qui ressemble et illustre ce qu'est le rugby !
Michmich31
Michmich31
Le final est incroyable, mais du match en lui même je retiens un rouleau compresseur rochelais qui a fait déjoué le ST ( bouffé en mêlée et que de fautes de mains) Le ST qui a bloqué le SR sur les mauls et sa défense monstrueuse. Pas beaucoup de jeu envoyé mais beaucoup d'intensité, un match indécis qui se joue sur des détails, un arbitrage propre et aucun carton. Comme souvent le ST gagne en finale en étant écœurant ou incroyablement efficace selon le point de vu sur la moindre miette laissée et encore une fois le SR peut regretter les points non convertis au pied. J'ai apprécié les déclas d'après match pleines de respect pour les deux équipes.
Manu
Manu
Je salue la qualité de cet article par son lyrisme et les louanges adressées à Romain NTK, qui s'est fait à jamais un prénom ce 17 juin 2023 Le lyrisme pour souligner la dramaturgie épique de ce combat rugbystique qui fit tomber par KO - plus que par les points- le colosse de la cité fortifiée par Vauban. Cependant, on ne peut résumer la victoire au talent indéniable de NTK et à son impétueuse hargne qui -sur des match avec moins d'enjeu- l'ont déjà vu passer la ligne avec détermination après avoir commis une erreur technique (cette fois 2). Romain mérite ces louanges adressées ici par notre journaliste qui a réussi à hisser son niveau au talent du n°10 du XV de France. Cependant, pour avoir été présent aux premières loges ce samedi soir, j'ai pu voir l'action avec la netteté d'un microscope. Je me trouvais à 30 mètres face à l'action. C'est une action collective de 2 minutes après cette mêlée disputée par les toulousains dans leurs 22m à la 76ème. Cette action a été conclue par Romain et tout le monde depuis samedi soir lui attribue des lauréats mais elle est le fruit de plusieurs temps de jeu qui ont permis de fixer la défense vaubanaise des rochelais et d'obtenir un surnombre offensif. Ce surnombre offensif a conduit SEUTENI à monter en pointe pour essayer d'annihiler l'action et en faisant cela il a ouvert une brèche que Romain a pu exploiter. Romain aurait pu faire la passe vers l'aile gauche où il y avait un 5 contre 2 mais il a préféré prendre le trou de souris, en se disant qu'au pire des cas, s'il se faisait plaquer, le surnombre aurait pu être exploité dans un deuxième temps après un autre ruck. Il faut savoir rendre à César (l'empereur Romain), ce qui est à César. Mais César ne serait rien sans ces 14 légionnaires qui l'ont épaulé.
Yellowblack
Yellowblack
Bonjour tout le monde. Bon tout d’abord bravo au ST, un match c’est 80 minutes et voilà ça s’est joué sur un coup de génie. Fier de mon équipe qui est passée à 2 minutes près de son premier bouclier. Le SR a sérieusement malmené cette équipe du ST. Je suis certain que ça arrivera vite ce bouclier et puis un deuxième titre de champion d’Europe c’est extraordinaire. Amitiés jaunes et noires
pascalbulroland
pascalbulroland
Je ne pense pas que c'était une finale d'anthologie, par contre le final fut d'anthologie 😉
dan0x
dan0x
Bel article qui résume bien la victoire de samedi et le changement de physionomie dans les derniers instants du match. Un ascenseur émotionnel comme on les aime. Maintenant place à un repos bien mérité avant d'attaquer une nouvelle saison qui s'annonce longue et éprouvante pour les internationaux : coupe du monde, top14, coupe des champions, 6 nations...
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