Il faut dire que les deux clubs partagent un (petit) historique commun. Quand en 2001, Christian Califano quitte le Stade Toulousain pour devenir le premier français à tenter l'aventure en Super Rugby, qui rejoint-il ? Les Auckland Blues, bien évidemment.
Cette année, les deux formations ont également réalisé quelque chose d'assez similaire : si Toulouse a terrassé l'UBB en finale du Top 14 vendredi soir sur un score historique (59 à 3), les Blues ne furent pas en reste non plus, en décrochant leur premier Super Rugby depuis 2003, mettant fin à l'hégémonie des Crusaders qui durait depuis 8 ans.
Si vous suivez d'aussi près le Super Rugby que l'élite 1 féminine, notez que les coéquipiers de Caleb Clarke ont également balayé leur adversaire, en l'occurrence les Chiefs, sur le score de 41 à 10. Un écart qui n'était plus arrivé depuis 2009...
Alors, c'est qui le plus fort ? Les hommes de la plus grande ville néo-zélandaise veulent avoir la réponse à cela. Sur ses réseaux sociaux, la formation de l'île du nord a publié une photo, avec en légende : "Now what if…". Comprenez "Et si…".
Une forme d'invitation à laquelle le toujours très taquin Peato Mauvaka a répondu sur Instagram, à l'issue du titre toulousain, par un "@bluesrugbyteam What else…" (Quoi d’autre…). De quoi donner l'idée d'une "superfinale", à l'image de ce que peut faire le football avec la supercoupe de l'UEFA, entre le vainqueur de la Ligue des Champions et celui de l'Europa Ligue ?
Cela paraît peu probable au vu de la divergence des calendriers des deux hémisphères et la surcharge de matchs des clubs français. Mais le postulat a de la gueule.
D'autant que de leur côté, les Blues en ont remis une couche samedi, en invitant cette fois Toulouse (vainqueur du Top 14), les Toshiba Brave Lupus (vainqueurs de la League One au Japon), les Northampton Saints (vainqueurs du Premiership), et les Glasgow Warriors (vainqueurs de l'URC) à un tournoi entre champions. "Faisons-le", a lancé la franchise sur ses réseaux sociaux, sous une photo regroupant les champions des 4 coins du monde.
Pour rappel, les Blues ont joué 17 matchs officiels cette année, quand Toulouse en a disputé 36...



Quand tu commences à t’imprégner de culture économique, on te parle d’effet d’échelle et d’effet d’expérience (que Mohed traduirait en économies d’échelle et économies d’expérience)
Je vais oser un parallèle approximatif certes mais juste à mon sens
L’effet d’échelle on comprends en économie : plus tu fabriques le même produit en grande quantité plus tes couts baissent ramenés à l’unité et plus tu maitrises le process unitaire
L’effet d’expérience plus on fait quelque chose dans le temps, plus on apprend à le faire, mieux et plus vite on le fait.
Et bien le ST est le seul club qui a actuellement un effet d’expérience dans le rugby français à ce niveau
Il y a une continuité entre les générations
Là ou les autres clubs fabriquent des produits différents de générations en générations au gré des présidents et des entraineurs et des joueurs , le ST lui peaufine sans cesse son rugby pour l’amener à l’excellence
Il ne donne jamais le sentiment de repartir presque à zéro contrairement à d’autres clubs au gré des nouvelles stratégies
Quand tu visites un club, tu vois souvent les photos des illustres anciens qui ont porté ce maillot
Mais que reste il souvent de leur héritage sur le terrain ?
Bien sur que les jeunes qui voient ces photos savent qu’ils portent le même maillot
Mais portent-ils le même projet rugbystique ? surement pas
Au Stade les vieilles gloires sont honorées mais sont aussi présentes sur les terrains à transmettre le projet commun Les jeunes baignent dans le même rugby et quand ils regardent les grands ils voient concrètement ce que vont donner leurs efforts et où cela peut les mener et pas simplement une photo sépia de leur rugby
Mais ça demande des vertus
Tout d’abord que ton projet rugbystique passe le temps et soit aussi solide qu’une constitution pour rester en adéquation avec la vérité de l’évolution du rugby et de son environnement
Et le jeu de mouvement est pour le Stade Toulousain cette constitution solide et spectaculaire
Revendiquée au quotidien depuis très longtemps et sans cesse revisitée
Ce n’est pas la qualité des hommes qui fait le projet et il faut avoir une sacrée confiance en eux pour que quels que soient les hommes, leurs compétences et leurs expériences tu les laisses dépositaires de ce même jeu : 58 cette saison ?
Et faire plus confiance à la manière que tu dois acquérir qu’aux résultats instantanés
Que les hommes qui portent ce projet soit en totalement adéquation avec lui et le fasse vivre
D’où cet atavisme qu’on lui reproche souvent
Et que Jerome Kaino porte aussi magnifiquement et portera peut-être plus haut un jour montrant aussi l’évolution du club à ce niveau
Quand Mola est arrivé, il a pris la suite non pas d’un système qui s’essoufflait mais d’hommes en fin de course : aussi bien sur le terrain qu’au niveau du staff et de la présidence
Ses débuts furent laborieux
Et là ou les adeptes de l’effet d’échelle dans d’autres clubs l’aurait viré, Toulouse ne l’a pas fait parce qu’il était là non pas pour changer la machine, mais pour lui redonner son allant sur le même chemin et que c’était à leurs yeux l’homme de la situation, et que les résultats n’étaient pas le thermomètre immédiat
Et ce n’est pas simple non plus car les présidents et les partenaires sont aussi impliqués dans cette transmission
Et ça va au-delà des joueurs et des résultats
Ce respect de la transmission fait que ce club a une vraie démarche intergénérationnelle
Là ou beaucoup de clubs raisonnent en centre de profit pour continuer avec le parallèle économique
Le Toulon de Mourad fut un magnifique produit et pas si facile que ça à faire
Et il fut un produit qui amena du profit rugbystique
Mais ce produit a eu une durée de vie
Et aujourd’hui qu’en reste -il concrètement sur le terrain dans le Toulon actuel ?
Rien si ce n’est des Etoiles floquées sur un maillot et une gloire passée à retrouver
Alors oui Toulouse a de l’avance parce qu’il peut peaufiner la machine et les détails qui t’amènent à l’excellence
Là ou beaucoup d’autres passent leur temps à reconstruire et à retrouver leurs marques
Comme si beaucoup de clubs passaient leur temps à construire des châteaux de sable que la prochaine marée des résultats viendra détruire plus ou moins grandement
Alors bien sur qu’un projet peut-être le plus vertueux mais que les sommets qu’il atteindra dépendra des hommes
Et oui il faut beaucoup d’humilité et au final peu d’ego pour continuer la route empruntée par tes anciens
Et ça aussi c’est important dans les qualités nécessaires
Et quand on dit que l’institution est supérieure aux hommes, c’est surement vrai à Toulouse
Et quand tu rajoutes à cette transmission de l’expérience le talent d’une génération, tu tutoies les sommets
Des hommes ordinaires qui font des choses extraordinaires mas parce qu’ils en ont non seulement le talent mais parce qu’ils sont comme des compagnons du devoir au final chacun étant capable de contribuer à une forme de chef-d’œuvre collectif
Alors surement que l’UBB veut prendre ce chemin et que Marti fera tout pour à son tour construire
Et surement qu’ils sont sur un chemin sur une vraie route
Je repense à Amin Maalouf ce formidable auteur académicien français n’en déplaise à certains
Et qui préfère parler d’origines que de racines
« Je n’aime pas le mot « racines », et l’image encore moins. Les racines s’enfouissent dans le sol, se contorsionnent dans la boue, s’épanouissent dans les ténèbres ; elles retiennent l’arbre captif dès la naissance, et le nourrissent au prix d’un chantage : « Tu te libères, tu meurs ! »
Les arbres doivent se résigner, ils ont besoin de leurs racines ; les hommes pas. Nous respirons la lumière, nous convoitons le ciel, et quand nous nous enfonçons dans la terre, c’est pour pourrir. La sève du sol natal ne remonte pas par nos pieds vers la tête, nos pieds ne servent qu’à marcher. Pour nous, seules importent les routes. Ce sont elles qui nous convoient de la pauvreté à la richesse ou à une autre pauvreté, de la servitude à la liberté ou à la mort violente. Elles nous promettent, elles nous portent, nous poussent, puis nous abandonnent…A l’opposé des arbres, les routes n’émergent pas du sol au hasard des semences. Comme nous, elles ont une origine. Origine illusoire, puisqu’une route n’a jamais de véritable commencement ; avant le premier tournant, là-derrière, il y avait déjà un tournant, et encore un autre. »
Le rugby toulousain ne puise pas sa force dans ses racines mais dans son chemin et sa capacité à y avancer ; et ses différentes générations d’y prendre le relais
L’UBB La Rochelle sont sur un chemin le même ou sur un autre, plus ou moins loin derrière
Et les chemins finissent toujours par se croiser
Mais ne reprochons pas à Toulouse de suivre son chemin : qu’on n’en ait pas ou qu’on soit encore loin derrière