ANALYSE - La France a-t-elle désormais le même réservoir que celui des All Blacks ?La tournée en Australie a confirmé ce que l'on présentait depuis quelque temps : le réservoir français est très solide ! D'aucuns diront que ce n'est pas vraiment une nouvelle. Les bons joueurs étaient déjà là. Mais tous ne bénéficiaient pas du temps de jeu nécessaire en club, puis chez les Bleus, pour progresser. À l'heure actuelle, la France semble capable d'aligner trois équipes compétitives. De bon augure en vue de la Coupe du monde qui aura lieu dans l'Hexagone en 2023, mais pas seulement. En charge des trois-quarts tricolores, Laurent Labit estime via Poulain Raffûte que si le staff de Galthié fait correctement les choses, ainsi que les hommes qui leur succéderont, les Bleus peuvent s'installer durablement au sommet de l'échiquier mondial.
Il fait partie aussi de ces joueurs qui ont marqué des points et bien sûr qui n’ont pas perdu leur temps. C'est un joueur qui, un peu comme Melvyn Jaminet, qu'on est allé voir à Colomiers. Il est arrivé à Castres et il a fait la saison que tout le monde a vue. Il était venu travailler pendant le Tournoi des 6 Nations avec nous, car on l’avait appelé. Il connaissait comment on fonctionnait, ce qu'on attendait et il est arrivé avec énormément d’ambitions. Comme on dit à chaque joueur : le maillot, il faut venir se le chercher. Même si on peut parler de hiérarchie, de joueurs cadres qui seraient plus ou moins installés. Mais notre mission à court terme, c’est 2023, mais n'oublions pas qu'il y aura aussi un après 2023. On a des joueurs qui ont 22, 23 ans, qui sont partis pour faire deux ou trois Coupes du monde. Je crois que si on fait les choses comme il faut, je pense que l’équipe de France peut régner sur le rugby mondial pendant de longues années et c’est aussi notre but, On ne sait pas ce que l’on fera nous après 2023, mais c’est aussi de transmettre et de laisser quelque chose pour faire en sorte que le rugby français rivalise avec les meilleurs pendant plusieurs années.
Nous avons le talent, les capacités et la profondeur d'effectif pour nous mesurer à n'importe quelle nation, même s'il faudra voir ce qu'on donne face aux All Blacks qui semblent largement au-dessus du reste à l'heure actuelle.
Maintenant il va falloir gagner davantage. C'est bien beau de dire que nous aurions gagné tel ou tel match dans d'autres circonstances (cf. finale contre l'Angleterre, dernier match du VI Nations 2021 contre l'Écosse, 1er test en Australie) mais le tableau d'affichage ne prend pas en compte les circonstances atténuantes.
J'aime à croire que les joueurs apprennent de leurs erreurs et il n'y aura plus d'idioties en fin de match comme Angleterre 2020, Écosse 2021 et 1er test contre l'Australie, même si 3 erreurs équivalentes font un peu tâche.
En revanche, même si on met de côté les accidents ci-dessus, nos fins de matchs restent un problème. Je sais bien qu'on met beaucoup d'énergie dans notre défense agressive et qu'on fatigue, mais il faut apprendre à gérer les 15 dernières minutes car on se met sous pression en lâchant notre avance.
La série contre l'Australie a, pour moi, révélé quelque chose de crucial: l'équipe qui avait la meilleure 1e ligne remplaçante a remporté le match à chaque fois.
En sortant du banc au 1er et 3e test, Tupou a changé le cours du match. Bamba également en entrant en jeu lors du 2e, moins lors du 3e malheureusement, la faute à Tupou. Serait-ce une piste à explorer pour le staff ?
En Angleterre, Eddie Jones répète à chaque conférence qu'un joueur qui passe de titulaire au banc n'est pas relégué sur le banc ("dropped" en VO) mais que son rôle a changé. Au-delà de l'élément de langage pour impliquer ses joueurs, on ne peut que remarquer que l'Angleterre finit globalement bien ses matchs, même cette saison qui est leur plus mauvaise depuis longtemps (cf. ANC et VI Nations contre la France). Jusqu'à présent, depuis le début l'ère Galthié, seuls Bamba et Taofifenua m'ont impressionné en sortie de banc et apportent une plus-value. Les autres donnent l'impression d'être davantage dans une optique de limiter la casse, pourrait-on dire.
Je lance une idée: quand on voit le réservoir français et les difficultés de notre banc a apporté, faudrait-il penser à mettre un XV de départ légèrement moins fort sur le papier pour avoir un "XV de fin" supérieur à l'adversaire ?